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Tuesday, December 4, 2012

Noël aux Champs

Rond Point des Champs Elysées, Paris, décembre 2012
Les "vrais parisiens" ne vont quasiment jamais "sur les Champs". Tout au plus en avons-nous une vision fugitive quand nous nous rendons au Théâtre du Rond-Point (belle programmation), au Grand Palais ou au Théâtre des Champs Elysées où se succèdent les meilleurs musiciens de notre temps. Il faut donc l'un de ces hasards pour apprécier ces illuminations qui font le bonheur des touristes. Quand, comme moi, on est un tantinet agoraphobe, les masses humaines déferlant sur "la plus belle avenue du monde" découragent d'y mettre les pieds.

Sunday, December 2, 2012

Mes garçons à table


J'aime "mes" garçons dans leur diversité. Leur comportement à la maison révèle leur caractère : F. ne manque jamais, lorsque je m'affaire dans ma toute petite cuisine de proposer "tu veux un coup de main". Et, évidemment, le sachant friand de réparties faciles, je ne manque pas de lui répondre que je préfèrerais un coup de reins, ce qui le met immanquablement en joie. Dorénavant, il me devance et propose le coup de reins qui ne viendra jamais, bien sûr, car F., si beau, comme le "garçon beau comme un dieu" de la chanson, "passe le plus clair de son temps au lit des femmes."






E., lui, adore les surprises. Il préfère attendre sagement au salon en sirotant son Coca Zero accompagné des petits toasts de tapenade qu'il affectionne. Il attend, stoïque, prétend-il, de découvrir mon plat du jour, et l'annonce "à table !" qui le fera bondir de son siège !
Il aime les mets roboratifs comme l'aligot ou la truffade ("truffado" dit-on en Aubrac). Je me demande s'il sait où se trouve la cuisine... 





Mon cher petit gay ne me laisse jamais seul en cuisine. Il savoure à l'avance, hume, chantonne, minaude et me chavire. Entre deux tours de cuiller, je pose ma tête sur son cœur. Il me prodigue de petites tapes amicales dans le dos et, soudain, se retire prestement, craignant de me distraire, sans doute, dans l'élaboration de notre repas. C'est un chat gourmand.




 G., c'est très différent : il investit la cuisine après m'en avoir chassé. Fin cordon-bleu, il me régale des petits plats que je ne saurais préparer avec la même science de la gastronomie. Je n'ai plus, moi aussi, qu'à "mettre les pieds sous la table". La petite pièce devient son pré-carré. Dès qu'il aperçoit ma silhouette à travers la porte vitrée, il grogne "non, tu n'entres pas" et maintient fermement la poignée pour m'empêcher d'entrer. C'est un jeu qui dure depuis des années. Il me traite comme un pacha. Ce n'est pas déplaisant.




"Mes" garçons sont ainsi. Ils m'enchantent. J'aime les recevoir. J'aime ces diners en commun, et les entendre me dire : "ce sont les meilleures pâtes à la carbonara de Paris".
Quand c'est fait avec amour...
Silvano

... l'annonce "à table !" qui le fera bondir de son siège.
Ce sont les meilleures pâtes à la Carbonara de Paris !
... il investit la cuisine après m'en avoir chassé
"Tu veux un coup de main ?"
Quand c'est fait avec amour...

Nota : Aucune de ces photos n'a été prise chez moi, hélas !
Nota 2 : merci à Brad qui m'a envoyé un lien très intéressant, me donnant l'idée de cette journée spéciale-cuisine.

Friday, November 30, 2012

Vive la vie

Depuis la nuit des temps -ou presque, je ne sais plus- je protège mes ébats à l'aide de cette pellicule de latex, compagne de mes nuits d'étreintes et n'ai pas eu à affronter le terrible verdict. Il est un signe qui m'inquiète : je vois bien que les "acteurs" des films pornographiques, souvent très jeunes, abandonnent peu à peu cette protection, sans doute pour répondre à une demande du public. On meurt moins du sida aujourd'hui, c'est un fait, mais on doit toujours beaucoup en souffrir quand on est atteint, soumis à des thérapies contraignantes, aux effets secondaires redoutables. Je sais que de nombreux jeunes gens parcourent ces pages. Je connais les dangers qui les guettent : un verre de trop, des substances euphorisantes, et l'on "zappe" la séquence "préservatif" (de "préserver"). Il n'y a aucune leçon de morale dans mon propos, juste un peu de considération pour mes semblables. Pensez-y.
Silvano

"Pensez-y." Photo Cecilie Harris








































En France, on dénombre 30 000 cas de personnes séropositives ignorant leur statut ! 
Le dépistage s'impose.

Thursday, November 22, 2012

Quelque part...

Je ne sais pas où c'est, mais je suppose qu'il y a, à droite, un grand appartement, ou plutôt une maisonnée où l'on tient salon, le soir : nous y jouons ensemble, en mesure peut-être, ou, nous laissant emporter, en perdant le sens, une sonate mélancolique d'un musicien malheureux de n'avoir pu être ce qu'il était.

Wednesday, November 21, 2012

Nous avons dix-huit ans

C'est mon antre, un lieu où nul autre membre de la famille ne peut entrer.
Ma chambre de jeune homme fait office de bureau, d'échoppe à rêves, de salon de musique.
K. est venu l'autre soir y partager avec moi des émotions : musique slave d'un autre temps en fond sonore d'une étreinte inattendue, inespérée, sauvage.
A côté, au salon, devant la télévision, "ils" ne se sont doutés de rien, attirés tels des phalènes par la lumière vive de l'écran où s'agitaient inutilement les silhouettes illusoires du "divertissement".
Nous sommes restés immobiles, en amalgame, sur le petit lit, puis nous sommes levés d'un bond, n'y tenant plus, pour aller nous aimer ailleurs, là-bas, au pied du phare, dans sa voiture, car, impécunieux, nous n'aurions pu acquitter le prix d'une chambre d'hôtel. Nous n'oublierons jamais la fulgurance de l'échange, le battement lancinant de nos cœurs, l'inconscience juvénile qui nous fit oublier que l'on eût pu nous surprendre, dépenaillés, dans notre abri dérisoire. Nous avons dix-huit ans.